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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Publié le par franck
Publié dans : #De la graine d'énergie...

Ma forêt est amputée d'un être. Orphelin, veuf, plaqué, lourdé, isolé ; il me plaisait de penser pouvoir auprès de vous, l'être, venir me poser, souffler, pleurer... La tectonique de nos plaques sociales aura encore créé une fosse aux dimensions jugées pour moi, ce soir, abyssales. Comme un monde englouti, tout m'échappe, il me faut réapprendre à respirer sans son atmoshpère ; à me mouvoir sans le réflexe pavlovien d'envie, de nécessité de pouvoir m'échouer dans mes sempiternelles dérives à ses côtés ; il me faut réapprendre à penser sans sa féline proximité. Dans ma mémoire tous ces moments fins du passé ne suffisent pas à combler l'attentes de nos prochains moments partagés. Comme une désorganisation passagère, cette trop tranquille immensité de sentiments arrachée à mes sens me plonge dans des nébuleuses où ses sons résonnent, appaisant une forme de tristesse. Rien qu'une forme oui ! Ce décalage mesuré n'est aussi et peut-être qu'un pas de côté pour d'intenses futurs moments de complicité. Et il faut vivre... Pour le vivre. Malgré l'attente, l'impatience, la frustration, les êtres ont besoin d'une forêt accueillante pour donner le meilleur d'eux-même. Déraciné, je sais que cet être donnera. Sera toujours au milieu d'autres dans un ailleurs inconnu, une étoiles parmi d'autres dont les enfilades secrètes guident mes pas pour comprendre et sortir des maux.

 

« Comme vous me paraissez loin et plus que jamais innaccessible. Comme pour marquer une entrée dans un hiver, où l'affective proximité palliait bien des déficits, seul face à l'âtre, la danse des flammes hyptonise cette détresse, fige les larmes, colore la nuit... Que serais-je sans vous qui fuyez au loin ? Coupable de n'avoir su créer les alchimies capables de vous retenir au milieu de ma forêt, j'espère que les vôtres vont s'élaborer au plus proche de vos aspirations de vie. J'espère bel être, que vos nouvelles arborescences donneront les feuilles dont seul vous avez le secret. J'espère connaître le goût, la texture, le sens de la sève de votre croissance, et pouvoir un jour dormir appaisé, adossé à votre tronc. »

 

Que me reste t-il, que reste t-il au fou si les étoiles fuient dans des trous noirs, si les êtres partent dans d'autres forêts d'acclimatation, si au fond, il n'y en a pas, où poserais-je le poids de tous ces vides, ces absences ? Un seul être vous manque et tout un écosystème affectif part en vrille, les sens s'agitent, « envahidé » pour ceux qui auraient lu « La philosophie ou les armes ». Le métabolisme perturbé par cette amputation, le psychisme en tension, avident de trouver les savantes chimies et les non moins importants comportements pour traverser cette dépressurisation (et non dépression) de ma météorologie relationnelle.

 

« Que me dit ce rouge-gorge ce matin sur le bord de la fenêtre, tout prêt de moi ? Ses aller-retours sont-ils l'expression de la perte de ses branches pour lui aussi se poser et trouver, recueil, calme, tendresse et sérénité ? S'il me paraît bien seul, je le sens complice... Arrivé du ciel, d'un buisson, messager silencieux du matin, c'est de rouge que s'est paré l'être du matin comme sensible lui aussi à la perte de sa nature, comme en quête d'un appui, une béquille. Déséquilibré, instinctivement animé par l'idée de sa propre survie dans cet environnement en perpétuelle évolution dont nous connaissons aujourd'hui les limites sans cesse allongées. En sursis face aux marches dominantes de mondes qui ne composent pas avec les détails, hormis ceux qui permettent d'accroître d'autres dominances avec un machiavélisme de tortionnaire, la crainte de n'être comme tous ce vivant, une variable d'ajustement servant des intérêts qui n'en sont pas. »

 

Prévert écrivait « on reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en partant », même si c'est en silence que j'apprends que vos pas foulent maintenant d'autres terres, d'autres pavés, d'autres asphaltes, je suis ébranlé par l'onde de celui-ci, le choc encaissé accélère les influx, augmente la température favorisant une évolution certaine mais encore inconnue. C'est bien les tissus en tension et le psychisme sur le fil d'un tranchant que j'entre une nouvelle fois dans un ère de décision. Si « Décider c'est renoncer à tous les autres choix possibles. Quand on a le choix. » Il est trop souvent fait grand bruit d'un hypothètique bonheur dont nous n'avons pas l'éventail des choix. J'ai longtemps pensé et pense encore que le feu dans l'âtre et plus agréable en compagnie d'autrui. Comme le reste, c'est toujours mieux partagé.

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