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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Publié le par franck
Publié dans : #vie locale

L'an dernier à la même époque je publiais un article qui s'appelait "au nom de mon père", aujourd'hui c'est "In memory of...". He's dead...

Ces quelques mots me sont venus dans une nuit avant les cérémonies, j'ai pu lui dire avant qu'il ne croise le feu.

Je me suis demandé si je devais le publier, mais finalement, dans la mesure où il ne méritait pas moins...

 

"Papa, papa, ah tu es là !

 

Papa, les bleus de l'océan et des ciels se sont engoufrés dans le bleu de tes yeux pour te ramener à l'éternité des molécules. Inutile de te dire que dans ces immensités tu croiseras d'une manière ou d'une autre tous ceux qui y ont été aspirés avant toi...

 

Papa, maintenant que tu es dans l'air, dans les couleurs du temps, dans la pluie, dans le vent, dans les arbres et les plantes ; les éléments doivent se sentir bien plus fort... À notre détriment...

 

Papa, papa, souviens toi encore une fois de l'air des roses blanches qui ont bercé nos enfances, mais tu sais papa, ce n'est pas grave de ne plus se souvenir, les tenanciers de la mémoire ont aussi leurs absences au point qu'aujourd'hui on n'apprend de nos histoire, de l'Histoire, qu'elles ne nous apprennent plus rien... À quoi bon alors ?

 

Papa, papa au pas cadencé du zouave tu as traversé le temps, tu es de ces enfants qui ont vécu sous l'occupant, à l'époque l'école, l'école de la vie devait ressembler à bien d'autre choses que ce que nous connaissons...

 

Papa, papa, je ne te l'ai jamais dit mais c'est de toi que je tiens cette manie d'écrire. Merci. Je me souviens encore comment tu me poussais, tu m'incitais, tu m'exhortais à écrire, à toujours écrire. Il m'importe peu de savoir si je le fais bien aujourd'hui, mais tellement à mon désavantage dans ce pyjama mal taillé au fond de cet hopital, j'ai pris cela comme un conseil de vie... Tu me l'avais dit avec te yeux, avec tes mains, avec tes mots, avec l'insistance d'un homme que mon actualité envahissait brutalement.

 

Papa, papa, entre les deux ils sont sûrement peu les pères de ta génération pour qui les professeurs de tes enfants encore élèves, ramenaient leurs copies avec les félcitations du jury... Ils sont sûrement peu...

 

Papa, je voulais te dire que les ciels de ce mois de juin sont splendides, te voilà privé de tout cela avec les sens conventionnels, nos cinq sens, sais-tu papa que malgré tout, encore et toujours nous pourrions être privés de ces ciels qui resplendissent d'immenses diversités...

 

Papa, repose en paix dans ces espaces qui t'ont vu grandir, au moins savons-nous que tu n'en seras pas évacué.

 

 

Papa, papa, les quelques mots qui suivent ont quelques années, n'ayant rien trouvé dans les pages parcourus, je pense naïvement à cet instant qu'ils te vont bien :

 

 

 

Demain ne s'appelle pas

Demain n'a pas de nom

Demain est un autre jour

Au milieu de nuits

Une autre période

Pour la rage et la colère.

Sans âge est la misère

Hier était ailleurs

Hier n'était pas plus

Qu'un triste lendemain de quotidien

Pour de vastes détours

À la recherche de la voix sans nom

D'une ombre qui n'existe pas.

 

Papa, papa si dans ce voyage vers l'éternité tu croises l'ensoutané, l'enturbané, l'entorsadé et les autres, demande leur papa pour moi, pour nous, mais pour toi aussi, s'ils ont de bonnes excuses ; papa, c'est ce message que je voudrais que tu emportes avec toi...

 

Papa ! Des fois tu sais les éléments encore grignotent des bouts de côtes, des bouts de dunes, des bouts de terre, oui papa un peu comme nos pathologies rongent nos cortex...

 

Papa, maman, papa, je ne sais pas si je suis digne d'être votre prolongement, la question, à tort peut-être ne se pose généralement que dans un sens ; mais vous avez gardé la cohésion d'un arc bien bandé pour projeter les flêches que nous sommes tous les cinq, pire papa, l'effort a été démultiplié et je peux te dire que la pétillance des loulous ferait perdre son latin à un grec...

 

Papa, avec toi disparaît un morceau d'histoire locale et un bout de Sciotot et j'ai encore mémoire de comment sur tes épaules du haut de mes 4-5 ans je découvrais ces horizons en descendant la Roche à Coucou... Je prends avec le temps la mesure de ce privilège. Si tu savais papa aujourd'hui... Si tu les voyais, si tu les entendais...

 

Papa, nous n'avons pas choisi de naître ici, nous avons choisi d'y rester et tu laisses des traces indélébiles. Sais-tu que ce que tu as toujours fait naturellement, patiemment de manière altruiste, beaucoup s'écharpent pour en être labellisés...

 

Papa, les sangles longues des violents de l'eau tonnent encore dans ma tête comme dans ces premiers jours et tu t'en vas...

 

Salut l'artiste, salut le chanteur, salut le paysan, le cultivateur, salut l'éleveur, le dresseur, salut le transporteur, salut le rotisseur, salut l'éplucheur, salut le chasseur, salut l'époux, salut le papi, Salut Maurice, Salut Ricemo... Tu mériterais autant de saluts que tu as pu en faire du milieu de ton jardin aux passants piétons, en voiture, en bus, à vélo ou en cheval, en skate, en béquille ou sur les mains, salut Papa...29 juin 2015

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