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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Publié le par franck
Publié dans : #vie locale

Ce n'est pas vouloir se fâcher avec les gens, même si bien entendu cela servira d'argument supplémentaire, voici donc mes propres raisons de ne pas participer au salon du livre des Pieux, même si elles sont sales, ce sont les miennes, et c'est bien parce que je pense qu'il y a bien mieux à faire que je vais me lancer dans cette nouvelle aventure dont je vous raconterai les contours très prochainement. Voici donc ma prise de position trnachée sur l'événement de ce week-end.

Non je n'irai pas, je n'irai plus chez Leclerc...

 

Au moment de m'inscrire au salon du livre des Pieux, je vois que l'Espace Culturel Leclerc est le libraire de l'événement. Soit. Je vois les logos des partenaires sur l'affiche (mardi) diffusée sur facebook avec, la maire des Pieux, la 2CP, le Conseil Départemental, EDF, France Bleu Cotentin et Radio Flam. Tout ceci avant de recevoir une fiche d'inscription dans ma boite mail afin de prendre contact avec le libraire pour les modalités de remises, d'approvisionnement etc. Je vois aujourd'hui (jeudi 25/02) partout le programme du salon du livre (où je ne suis pas) avec multitudes de partenaires.

 

Et bien non, je ne pense pas aller dans ce salon autrement qu'en qualité de visiteur et pourquoi ? Les raisons que j'évoque ci-dessous ne sont pas hiérarchisées, c'est le cumul et l'ensemble qui m'oriente plutôt à décliner l'invitation.

 

Je pense être auteur indépendant, petit certes, mais lié à des lecteurs et lectrices, des amis, amies, des soignants, des soignés, des élus, des médias, des travailleurs syndiqués ou non, des sans emploi. Si le propos de mes livres est particulier, que j'espère le partager avec le plus grand nombre pour en débattre afin de progresser ; j'investi une partie de mon temps dans l'écriture, l'observation, l'échange, et j'investi dans ce cas mon argent dans le produit dont j'assume le contenu et je ne pense pas que celui-ci ait sa place dans les rayons d'un super marché, ni dans une gare... C'est prétentieux et j'assume. Il est habituel que les éditeurs fassent une remise de 30% au libraire sur le prix de vente du livre. Étant mon propre éditeur c'est le calcul que j'applique sans rechiner, c'est comme ça, c'est le jeu. Toutefois dans ce cas, je ne vois pas pourquoi, ni en quoi je devrai me laissser prendre 30% de mes recettes par quelqu'un qui n'a rien fait, pour un modèle économique que je conchie (celui de la grande distribution) et qui bousille tant de choses que nous avons tant de mal à préserver. Alors et pour moi, quitte à préserver quelque chose, dans un premier temps, je vais préserver mes marges. Difficile d'être distribué en auto édition, autant penser une partie de la marge à une forme originale de distribution (et de vente). En tout cas, quitte à redistribuer 30% des recettes, je préfère que ce soit avec des indépendants de proximité.

 

De quelle culture parlons nous dans ces espaces ? La culture des systèmes qui étranglent les producteurs (les agriculteurs par exemple), ceux qui autorisent des pauses de 1'30 à leurs hotesses de caisse pour aller faire pipi, celles des zones industrielles, des zones commerciales, des petits commerces qui meurent dans les centre ville, des publicités qui innondent les boites aux lettres ? Si c'est tout ça ce n'est pas mon monde et je n'en suis pas. Ici, les livres, la musique, la peinture, la sculpture... sont tombées dans le giron de Michel-Édouard Leclerc. Même si j'ai vendu des livres là-bas par le passé, je m'en veux encore et je ne veux plus que ça dure. Alors autant que ce soit clair Monsieur Leclerc, vous ne représentez pas la culture telle que je me l'imagine et je ne vous donnerai pas un euro. Quand je dis ça, ce n'est pas faire injure aux gens qui travaillent là-bas ou là-dedans et font leur métier avec passion et nécessité.

 

D'autre part, la mairie locale, la 2CP sont dirigées par un homme (et ses équipes) qui n'a eut de cesse l'an dernier de saborder, broyer matériellement et humainement une forme de culture, une forme d'indépendance ; au même titre que d'autres sont niées, dénigrées. C'est donc un peu tôt pour moi d'aller pavaner dans un événement culturel où ces deux collectivités sont partenaires. Encore une fois de quelle culture parlons nous ? Allons nous parler ?

Ajout du 8 mars 2016 :

Le 7 mars, j'assiste à une réunion publique d'un conseil communautaire partenaire de l'événement. Comme si je cherchais un argument supplémentaire, je ne suis pas convaincu, mais alors pas du tout des grandes orientations choisies. Ça fera l'objet d'un texte sur le sujet, mais si je, si nous ; « auteurs en Cotentin » ne sommes pas de grands auteurs, nous pourrions être aussi les auteurs d'un grand Cotentin. Manière de prendre de la hauteur pour voir et comprendre le monde autrement qu'au travers des filtres de notre microcosme.

 

Tout le monde connait aussi ce que je peux penser de notre électricien, ou tout au moins de sa manière de fabriquer, distribuer, vendre son électricité, et la manière de mépriser ses salariés, les sous-traitants, les populations... Les risques sanitaires, industriels et économiques qu'il font prendre au monde...

 

Quant aux médias partenaires, je vous renvoie à mon blog et cet article (http://www.al3es.org/article-s-o-s-par-vents-d-amer-117986431.html) où je fais part de l'accueil qui m'a été réservé lors de ma deuxième publication. Je me garde sous le coude une remarque pour le conseil départemental. Au delà de tout cela, j'avais été invité sur le postulat « sans grief », ce n'est pas que j'en ai par rapport aux gens, c'est juste que ce cumul fait pour moi un peu trop pour être présent.

 

Par souci de cohérence. Par respect pour mes amis, mes convictions, ma pseudo culture, ma petite indépendance. Auto édité, je n'en suis pas moins attaché aux libraires indépendants pour qui, ou chez qui, les auteurs auto édités n'ont pas toujours droit de citer. Mes livres ne sont peut-être que des brouillons, mes choix éditoriaux, sont le fruit de mon parcours, de mes passions, de mes envies, de mon engagement et je n'ai pas à aller dans un supermarché du livre avec je l'imagine déjà des partenaires bancaires sur toutes les tables. Désolé ce n'est pas ma culture et je n'irai pas me fourvoyer dans ce salon. Je le regretterai peut-être mais je suis sûr que les liens seront plus forts avec ceux qui comprendront ma défection et que d'autre liens se créeront sur des bases d'emblée plus solides.

 

Je n'ai pas envie de servir d'alibi, de caution pour des gens des structures, des engeances dans lesquelles je ne vois pas l'esquisse d'une proposition pour faire progresser les causes écologistes et humanistes, et encore moins d'initier des sursauts, des prises de consciences nous engageant vers des transitions plus équitables... Tout ceci est bien trop loin de mes aspirations... Et celle de la charte régionale des salons du livre portée par le CRL. Voir sur ce lien :

http://www.crlbn.fr/charte-manifestations-promotion-du-livre-lecture-en-basse-normandie/

 

Aussi, Lydie, Jacques, Alain, Patrick, Jean-Bernard, Michel-Édouard, Chantal, Annie, Michel et les autres, désolé mais je ne participerai pas à ce qui me semble être un autodafé de cultures. Pour toutes ces raisons et d'autres encore ce sera de chez moi que j'accueillerai ce week-end là ceux qui souhaitent se procurer le nouveau césame. Ce sera bien plus tranquille, il y aura café, thé, bière, musique, gateaux... Merci !

 

PS 1: C'était et c'est bien mal penser me connaître d'imaginer que je ferai de la lèche pour accéder à un salon comme celui-ci, c'est oui je l'avoue un manière d'enfoncer un coin dans une souche, c'est aussi attirer l'attention dans l'idée de toucher un public sensible, curieux, critique, d'autres lecteurs sans délaisser les plus anciens et affirmer plus que tout qu'un autre monde reste à construire.

 

PS 2 : Si je dis tout ça c'est aussi parce que j'ai une proposition d'animation autour des livres à faire vivre. Ce que je vais dès maintenant m'attacher à faire, à mettre en place, et à réaliser.

 

Franck Leblond. Le 11 mars 2016.

 

 

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