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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Publié le par franck
Publié dans : #maux d'ailleurs, #De la graine d'énergie...

C'était le film "un Combat Ordinaire" qui a ponctué la SISM sur Cherbourg début juin. SISM comme acronyme de Semaine d'Information sur la Santé Mentale. Tiré de la BD de Larcenet, c'était l'occasion d'évoquer encore autrement la souffrance au travail. Et il y aurait à dire non ?

Et il s'en est dit à l'issue de la projection où je n'ai pu me retenir de l'ouvrir et assez vite. Le sujet est toujours assez vif quand l'on parle de travail, qui plus est quand on prend des exemples dans nos fleurons locaux.

Il se peut par rapport à ce que m'on a dit a posteriori que mon intervention était un peu véhémente, loin de la bienveillance, décliné à toute les sauces, qui faisait partie du sujet. L'occasion pour moi et ceux qui y étaient de revenir sur mon propos et d'en dire plus.

 Je comprends des mots de S. que j’ai exprimé de la colère, et il y en avait sûrement, en tout cas de la vive réaction car les propos de l'intervenante m’ont interpellé, et ce, à plein d’égards… Il est évident que je ne voulais aucunement l'agresser, mais plutôt alimenter le débat sur la souffrance au travail, nécessaire (le débat), mais en y associant la souffrance au non travail, et les écarts qu’il peut y avoir entre les deux. S’il faut se poser la question du sens du travail, celui que l’on fait en premier lieu, on élargirait encore le spectre de la discussion… Indépendamment de nos « activités locales » pourvoyeuses d’emplois, le bilan des cinquantes dernières années de travail dans le monde se traduit par réchauffement climatique et crise écologique, accroissement des inégalités, maladies professionnelles et handicaps, déficits publics creusés… La liste serait longue mais elle doit participer de la manière dont on perçoit et vit le travail ou le non travail.
Pire, les employés des grands groupes travaillent dans le vide puisque ceux-ci optimisent leur fonctionnement, leurs fiscalités pour ne servir en rien la cohésion sociale, et re pire on explique au gens qui gagnent deux mille euros que s’il ne s’en sortent pas c’est à cause de ceux à qui l’on alloue 500 euros par mois… Eh ! faut pas déconner !!! Surtout que ce sont ceux qui en gagnent 1000 fois plus qui vous l’explique… Le culte de la performance décliné dans tous les instants de la vie du lever au coucher et même pendant le sommeil, tout doit être optimisé pour satisfaire la rentabilité. Mince, ce n’est déjà pas facile quand on est valide de tenir le coup, mais quand on porte un handicap il faut encore être plus performant afin de pallier celui-ci pour répondre au attentes de l’employeur. Je sais par expérience que s’il y a des inégalités entre le salaires hommes-femmes il en existe aussi des plus cruelles entre valides et non valides où pour obtenir à peine la moitié en euros d’un temps plein féminin, je devais faire un 80% déclaré.
Pour moi et peut-être de manière utopique, je reste sur la nécessité de partager autrement les charges utiles de travail à fournir pour produire les biens essentiels, qu’on se devrait de partager nos temps entre un temps de travail, un temps d’activité, un temps de loisirs, un temps de repos, et un temps de rien… Et il est heureux que la bienveillance entre dans le monde du travail qui est le prolongement de celui de l’école où les discriminations fleurissent… Même si parfois ça pourrait apparaître comme un luxe de parler de bien-être au travail tellement la société exclu les gens des deux, du bien-être et du travail. Mais tant que le travail n’aura de sens que de leurrer la société sur la croissance, pour moi, nous ne sortirons pas de ces spirales infernales de la souffrance au travail. En caricaturant un peu plus, ceux qui ne travaillent pas sont toujours près à plus de sacrifices pour travailler, quitte à prendre la place de l’autre, quel qu’en soit le moyen, s’affranchir de la souffrance du non travail pour accéder à la souffrance au travail, cela reste bien un piètre objectif de société !!!
Je ne sais pas si l’on fait ça par snobisme, pour la nécessité de souffrir, n’étant pas sûr que ça soit bien malin, ma dernière lecture fut « Mes milles et une nuits » de Ruwen Ogien, où il parle du dolorisme du rapport à la douleur, à la maladie, comme un nécessité qui nous rendrait plus fort, plus intelligents, nous rendant apte à vivre le monde avec philosophie… Hummm… « si la souffrance physique peut s’expliquer par des causes ,elle ne peut se justifer par des raisons ». R.O.
Je me souviens avoir écrit un teste au milieu des années 90 alors que je travaillais à DCN, je disais un truc du genre: « à ce rythme là, si l’on ne change pas la finalité de notre outil industriel nous seront obligés d’aller travailler sous escorte militaire… Je ne pouvais pas savoir que plus tard Karachi, que l’amiante, que nous serions tous, même sans travail si exposés face à la violence du monde. Et c’est peut-être commencer par changer notre regard sur le monde qui fera que ceux qui travaillent seront moins en souffrance dans celui-ci. Nous restons à mon sens, travailleurs ou non, bien otages des guerres économiques auxquelles se livrent les grands groupes pour le partage du monde. 
Ça sent le soufre tellement le monde souffre, en cela je pense que les socles de la cohésion, des cohésions s’étiolent bien vite alors que tant de défis nous attendraient...

 

 

Je ne sais pas si j'aurais l'occasion de participer à La Réunion de bilan de cette semaine qui aura lieu tout bientôt, mais ce sont des temps forts vraiment sympathiques et originaux où l'organisation très féminine doit être remerciée. On ne sait jamais si c'est le bon moment, on ne sait jamais pourquoi ceux-ci viennent, pourquoi ceux-là non... Sûrement que chacun avec ses moyens et à même de se dire en bonne santé mentale, et que le trouble est toujours porté par l'autre. Question sûrement de hiérarchie sociale, de peurs, de méconnaissances. Le trouble du psychisme cet étranger le plus nombreux sur Terre, le mieux partagé, mais le plus mal connu...

 

 

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