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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Dès l'annonce du moratoire, suspension, annulation de la série d'augmentation des taxes au premier janvier 2019, j'ai eu le sentiment que l'idée de transition écologique et même d'écologie était morte. Déjà que peu de budgets étaient impartis au financement d'alternatives, si le gouvernement qui nous a soutenu qu'il faisaient cela, qu'il fallait faire cela pour la transition énergétique et écologique et que tout est annulé ; que deviennent les objectifs fixés par les différents traités ?

Quand je dis ça, je ne veux pas pour autant dire que la méthode du gouvernement est la bonne et loin de là, mais je ne suis pas sûr non plus que les revendications étaient logiques, cohérentes avec l'utilité de participer à l'idée de faire cohésion autour d'une transition écologique et énergétique nécessaire et utile à tous.

Ressentir que nous nous coupons un peu plus des réalités du monde, de la planète et des catastrophes en cours... Des misères dont nous nous offusquions avant de se parer de jaune... Les nôtres ne sont pas plus acceptables et notre devoir, à mon sens, serait d'être en capacité que de ces mobilisations, débouchent des concepts de fonctionnement de nos sociétés qui puisse être utiles et reproductibles sur toute la planète, pour préserver les biodiversités par notamment, la lutte contre le réchauffement climatique, la faim dans le monde parce qu'il n'y a pas de Paix durable sans justice sociale. Assurer à tous un toit, à manger, de la culture, de l'éducation, la santé, de l'eau potable quelque soit sa couleur de peau, son pays sans nous amputer plus encore des biodiversités de la planète. Et c'est toujours plus de sécurité que l'on fabrique sans armes.

Il est évident qu'à masse d'argent constante, voire en baisse pour une personne ou un foyer, rendre de plus en plus de choses obligatoires et payantes, en augmentant l'existant n'a que peu de sens, et fait passer les citoyens pour des vaches à lait, quel que soit leur statut. Et il ne faut être que représentant politique pour rester dans le profond mutisme stérile pour n'avoir pas vu, su, entendre, écouter tous les gens qui, sans forcément revendiquer, militent, organisent, testent, valident expérimentent tant et tant de concepts qui ont du sens dans le monde tel qu'il est aujourd'hui.

La lâcheté du politique capable de nous faire croire que les choses vont changer et en fait, ne font que satisfaire toujours un peu plus les déjà très riches du monde. Avec une désinvolture, un tact que n'ont que ceux qui sont compromis sans s'en rendre compte. L'ISF supprimé brutalement, les 5 € d'APL immédiatement ; et la suppression de la taxe d'habitation étalée dans le temps... Mais le politique dans ce qu'il me semble parfois être des actes de bonnes volonté est assez mal accompagné. En effet, s'il existe bien une corporation qui ne fait pas son métier aujourd'hui, ce sont les banques. Alors que la loi de transition écologique et énergétique prévoit la création de produits financiers, ceux-ci ne sont pas commercialisés par les banques.

L'exemple le plus frappant étant les difficultés persistantes dans le domaine de la rénovation écologique des bâtiments résidentiels et tertiaires, alors que nous savons tous que des objectifs sont à tenir, que ces chantiers sont locaux, qu'ils augmentent le pouvoir d'achat ; en clair que la démarche inscrite dans le code de l'énergie et les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique sont sources de création d'activités, d'emplois. Favoriser l'économie réelle et locale est autant de la responsabilité des représentants politiques, que des banques ; la réussite de l'ensemble s'appuyant dans le chemin vers plus de justice sociale, fiscale, pour une écologie retrouvée, sans en faire l'épouvantail du monde moderne.

« Demain sera (peut-être) hier » dans le sens où nous devons nous réapproprier les fonctionnements de nos sociétés, en y insufflant de la connaissance permettant de comprendre et d'appréhender les enjeux du temps présent et construire un meilleur futur ; en donnant sens et objectif commun aux habitants de la planète Terre, qu'ils soient humains, animaux, végétaux et ceux que nous ne connaissons pas (encore!)... Sûrement parce que nous avons détruit les sols, nous nous autorisons à tout penser hors-sol, en oubliant les premiers concernés, les gens ; sur la planète, au milieu d'environnements variés parfois hostiles ou le devenant. Nous européens nous permettons de faire les fines bouches pour accueillir les migrants d'où qu'ils arrivent. Dans cette crise des gilets jaunes, l'Aquarius a définitivement rendu l'âme. En toute impunité... L'Europe est-elle déjà trop ou si vielle pour ne pas surseoir à tous ces désordres, ou en tout cas, en initiant les logiques économiques nécessaires à de réels changements. La première serait de changer notre modèle d'évaluation de la croissance. Nous savons pertinemment comment celle dont on nous abreuve de l'utilité fonctionne, et les désordres qu'elle organise, mais rien n'y fait... N'y a t-il pas dans ces circonstances du sens à redonner à l'Europe plutôt que de l'accuser de tous les maux ? Est-ce l'Europe qui favorise les replis identitaires, ou sa contestation manipulatoire qui fait de plus en plus d'adeptes au point de voir toutes ces phalanges extrémistes répandre la terreur ? Sommes-nous à ce point dans l'incapacité de faire corps pour des objectifs de Paix, de justice sociale partout dans le monde ? Si oui, je ne veux plus faire partie de cette humanité, de cette citoyenneté, de ce, ces peuples qui se revendiquent si « peuple ».

Pour avoir tant et tant essayer d'ouvrir ces débats de transition localement, auprès des élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux, en montrant comment, avec qui, à combien, pourquoi ; seul le quand n'a pas été résolu. Tout est encore lettre morte, ou avance si lentement. Pour en arriver tout récemment, à comprendre que l'on s'organiserait aujourd'hui politiquement dans le Nord-Cotentin pour imaginer une nouvelle politique touristique dite durable et d'adaptation au réchauffement climatique. L'adaptation n'inclue pas dans son sens la lutte, alors que la lutte elle, s'accompagne nécessairement de politiques d'adaptation. À tergiverser sur l'ensemble, rien n'avance.

Pire ! Dans la foulée de la PPE, politique pluriannuelle de l'énergie, où EDF obtenait mission d'étude pour un nouveau parc nucléaire, dès l'annulation de l'augmentation du tarif règlementé de l'électricité au 01/01/2019, le PDG du dit électricien monte au créneau pour réclamer des compensations. L'industriel qui freine depuis toujours les alternatives sort grand gagnant de ce moment de flottement, pas d'argent pour l'écologie, tout pour le nucléaire dont la sortie recule à mesure que l'on avance dans le temps ! Nous voilà donc de fait encore un peu plus liés à notre modèle énergétique malgré les effets d'annonce de fermetures de réacteurs pas toujours cohérents avec les données de production et de consommation connues d'électricité. Dans le même temps, certainement pour éviter des blocages, le gouvernement renvoyait aux calendes grecques, une taxe sur les transports routiers. Et les plus gros consommateurs, également principaux pollueurs ne sont pas taxés. Il faut dire aussi que s'ils l'étaient, nous paierions plus cher nos billets d'avion, nos marchandises importés...

Et pour assurer la pérennité du modèle, on flatte la voiture électrique, qui s'accompagne de besoin d'électricité. Seules des propositions consuméristes nous sont proposées pour enrayer la hausse des émissions de gaz à effet de serre, alors que nous savons que notre modèle consommant productiviste aura épuisé la planète et la biodiversité sans résoudre le problème de la faim, de la santé ? Ben merde, c'est cher payé non ? Même si notre modèle était défendable et exportable, où irait-on chercher dans les autres pays les ressources en matières premières nécessaire à l'organisation d'un tel désastre ? Ces dernières années dans beaucoup de pays des révoltes ont eut lieu, l'augmentation des denrées de bases était souvent une des causes de la révolte en plus d'une demande de démocratie de libertés. Ici, chez nous, c'est le prix de l'essence qui aura cristallisé les foules. Signe extérieur de richesse qui exclu déjà bon nombre de nos concitoyens privés de voiture par la force des choses économiques souvent et avant tout. S'il paraît légitime de pouvoir joindre les deux bouts quand on travaille, ça doit être vrai aussi et surtout quand il n'y a pas de travail pour tous, et donc pour ceux qui ne travaille pas. Et à l'inverse de réclamer des hausses de salaires et des baisses de taxes pour continuer à faire des boulots de merde loin de chez soi, nous aurions tout intérêt à revoir et penser un peu mieux dans ces cadres et ces enjeux nos cahiers de revendications pour les porter haut et fort en exigeant des principes d'universalité. Si la fin du mois nous préoccupe plus que la fin du monde, celle-ci pouvant aussi intervenir avant la fin du mois, penser que pour beaucoup sur Terre, la notion de mois vaut éternité de souffrance ; c'est bien en refondant les modes de fonctionnement du monde, et pas seulement du pays, que nous bâtirons de la justice sociale basés sur des exigences d'écologies garantes de la préservation des biodiversités. L'illusion de nos conforts à coûts masqués, externalisés, aux désordres importés n'a pas de solutions dans des mesures d'accompagnement ou d'adaptation. Repenser notre rapport au monde, à l'environnement, aux autres, aux risques et donc aux comportements à adopter à plus de chance de nous apporter et créer des solutions pour tous. En cela, je ne suis pas sûr que hausser les salaires et baisser les taxes ait une quelconque utilité. Faire baisser le coût des services obligatoires, vitaux, quotidiens ; manger, se loger, se chauffer, se cultiver, se soigner, avoir une activité ; permettrait de dégager des marges de manœuvre financières pour les ménages et de consacrer celle-ci à mieux consommer. À masse d'argent égale. Seule la baisse des loyers et celle de la facture d'énergie permettent d'abonder en ce sens rapidement, efficacement en créant de l'activité locale et non délocalisable. Ceci valant pour les particuliers comme pour les professionnels. C'est à ce prix que l'on peut intégrer les notions de cotisations sociales et de répartitions des richesses.

Le signal que donne le pays d'accueil de la COP21 au monde ne me semble pas augurer du respect des engagements dont nous nous sommes tant targués. Pas plus que ceux donnés par les USA, le Brésil... Nous nous enfonçons toujours un peu plus dans un monde ultra sécuritaire, pour préserver les intérêts de ceux qui nous ruinent. Autant dire que c'est mal barré. Néanmoins le pessimisme du constat ne doit pas entacher l'optimisme de la volonté de changer les courses folles vers les inconnus abîmes des catastrophes écologiques en cours... Il faut bien changer de cap !!!

Par ailleurs, il me semble entendre que le RN accorde bien plus de bienveillance aux gilets jaunes, que les autres partis politiques, et il faudrait mieux être force de proposition plutôt que de laisser s'installer d'un autre côté une incitation au soulèvement. Ça pourrait devenir beaucoup plus problématique que nous pouvons l'imaginer... Déjà moribonde, l'idée d'un monde pacifié, écologique, social entrera en phase terminale, enfonçant toujours un peu plus ceux qui en auraient le plus besoin aujourd'hui, immédiatement, ne serait-ce aussi et peut-être pour donner d'autres signaux au monde. Ceux qui ont déjà tout perdu aujourd'hui ne gagneront rien dans toutes ces revendications, sinon un peu plus d'indifférence, d'exclusion, d'isolement. Si je le regrette par avance, j'aspire à dire tout cela comme ça car le monde occidental a laissé s'installer dans le monde les pires conflits, exactions, destructions pour pérenniser son modèle de développement dont on ne peu plus feindre d'en connaître les désordres. Et encore moins les causes !!!

Quand on sait que les troubles partout dans le monde sont à l'origine des pires rumeurs, fausse nouvelles, manipulations créant des flux de communications sur lesquelles se greffent publicités, virus et diverses malversations, pour asseoir des pouvoirs pas toujours recommandables, nous n'avons pas fini de nous prendre la tête entre nous alors que nous sommes tous dans la même galère, la planète, qu'elle prend l'eau, chaud, toxique, belliqueux à nous en faire perdre la tête... Le réchauffement climatique, à n'en pas douter, menace nos démocraties, la tentation de choix non démocratiques, autoritaires n'est pas loin... Mais c'est déjà ça qui conduit à cette colère, alors après ?

En fait, si une politique de transition écologique, énergétique, sociale doit être menée, il faut en prendre le parti et ne plus dire : « nous allons prendre des mesures pour accompagner la transition » mais plutôt : « Nous prenons le parti de la transition en accompagnant le vieux monde dans sa chute », ce qui aurait selon moi, une toute autre portée.

Le 08 décembre 2018 à Flamanville.

 

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