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AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

AL3ES, Agence Locale de l'Écologie, de l'Énergie, de l'Économie et de la Solidarité....

On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...

Publié le par franck

Le père Plexe frappe encore et ce n'est bien évidemment pas pour défendre l'église que j'écris cela. Tout le monde doit savoir qu'un film de François Ozon sort la semaine prochaine, il traite d'une affaire de pédophilie dans l'église de France. Enfin d'une affaire ! Des actes commis par un prêtre durant de longue années... Une parmi d'autres devrait-on dire.

À l'image de Spotlight d'il y a quelques années aux États Unis, s'il est heureux que le monde de l'art s'empare du sujet autrement je reste perplexe sur le fait que la charge se tourne encore vers les ensoutanés. Et ce n'est pas que je les apprécie particulièrement, c'est plutôt dans le sens que l'on pourrait oublier que les religieux n'ont pas le monopole du crime. Quelque que soit l'uniforme porté par les actes d'actes de pédophilie, viol; ils ne valent pas mieux les uns que les autres, et ce même en regard de leurs rangs dans leurs hiérarchies respectives. ET encore une fois, il n'y a pas que les porteurs d'uniformes qui se transforment en bourreaux. Souvent d'ailleurs, les agresseurs sont dans le premier cercle de relations de la famille. Quelques études sociologiques précisent les "cartographies" des agressions.

Je ne doute pas de la qualité du film d'Ozon, toutefois il ne faut pas perdre de vue que le crime pédophile est assez bien partagé et reparti dans la société (les sociétés devrais-je dire). D'une manière plus globale les violences faites aux enfants dans le monde aujourd'hui ont largement dépassé l'inacceptable. Les exemples ne manquent pas (enfants soldats, esclaves, soumissions des filles, mutilations...). L'idée que l'on puisse fabriquer un bouc émissaire, sans exclure la responsabilité de l'église, tient pour moi d'un forme de facilité qui atténue le spectre couvert par les agresseurs.

Sans aller jusqu'à dire qu'il est facile de traiter du sujet quand "l'affaire" est publique, et prochainement devant les tribunaux; comment faudrait-il traduire à l'image pour le public, les violences subies par des générations d'enfants, le malaise qui subsiste à chaque fois qu'une parole se libère, les victimes collatérales (suicidés, lynchés, discriminés...); et plus dur encore, comment la société prend en charge les victimes et les bourreaux, et mieux, si possible, comment elle devrait s'organiser pour minimiser l'ampleur du crime ?

Comment traduire que, plus on en parle, moins on affecte des moyens pour cicatriser les plaies laissées dans les chaires et l'esprit des victimes. Et plus la société cherche des boucs émissaires dans l'esprit délétère du moment, moins les bourreaux auront la possibilité d'être également pris en charge. Dans "pris en charge" il y a bien entendu, des peines adaptées, des soins, et sans faire porter une croix d'une couleur frappante, encore plus stigmatisante qu'un uniforme de corporation. En cela, je pense que nous élèverons nos degrés de civilisation (mondiale) si nous nous recentrons sur les droits fondamentaux de l'enfant, de l'Homme, plus que sur des notions de performances dont la prédation sexuelle est une catégorie. Quand le monde se marchandise, tout devient source de profit potentiel indépendamment des conséquences.

Si le tribunal saisi ne recule pas la date de sortie après le délibéré de l'affaire dont est tiré le film, j'irai voir "Grâce à Dieu" de François Ozon, pour affiner mon point de vue...

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